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	<title>sigmund freud &#8211; Psycause : En francophonie, les psy causent</title>
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		<title>Augustin Ménard, le 6 juin 2012 : conférence sur la psychose à l’invitation de Psy Cause</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Jun 2012 20:55:41 +0000</pubDate>
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<p>Le 16 janvier dernier, nous annoncions cet événement dans notre blog. Rappelons que le Dr Augustin Ménard qui, en tant que psychiatre, fut le directeur de la clinique psychiatrique de Remoulins dans le Gard près de Nîmes, est un psychanalyste lacanien qui fait autorité dans le traitement psychanalytique des psychotiques. Il est venu, ce 6 juin, échanger sur son expérience à partir de son livre « Voyage au pays des psychoses. Ce que nous enseignent les psychotiques et leurs inventions », à l’Espace médical du Centre Hospitalier de Montfavet (Avignon), dans le cadre de notre revue.</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>Le Dr Augustin Ménard introduit son propos par ces mots : « si j’ai écrit ce livre, c’est pour essayer de faire passer les idées que je pouvais avoir sur les psychotiques. J’ai toujours été dans le bain de la psychiatrie. Mon grand père, psychiatre, traitait avec l’hydrothérapie. Son établissement fut transformé après la guerre en clinique psychiatrique. Déjà, il connaissait l’œuvre de Sigmund Freud et c’est de lui que j’ai appris que les paroles avaient des effets et qu’il était important d’écouter les patients. » Le Dr Augustin Ménard fut en 2008, invité par des collègues au Québec pour un congrès sur la psychose et écrivit ce livre à l’occasion. Il l’a pensé en partant de la clinique, c’est à dire en partant de ce que dit un patient, pour essayer de montrer que la théorie doit découler de la clinique et non l’inverse. Même s’il ne faut pas oublier le cadre préétabli de référence qu’est la fine sémiologie de Ey, Bleuler ou Kraepelin.</p>



<p>&nbsp;</p>



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<p>Il poursuit : « j’ai appris par mon maître Lacan, l’intérêt d’une orientation psychanalytique avec les psychotiques. Il ne s’agit pas évidemment de transposer la cure type pratiquée dans le cadre des névroses. L’orientation analytique, ça consiste à rechercher la singularité du cas. Chaque sujet a à se débrouiller avec les cartes qui lui ont été données. Il s’agit de considérer ce que ce sujet a de différent des autres et comment il s’est construit malgré ses difficultés. » Le Dr Augustin Ménard explique que si l’on peut rencontrer certes du déficit chez les psychotiques, la difficulté qu’ils ont à s’inscrire dans la fonction paternelle, a comme corolaire de les obliger à créer, chacun d’entre eux construisant sa propre solution. Il faut donc être sensible à la logique de ces constructions, c’est à dire « être docile » face aux discours des psychotiques dans lesquels il y a un savoir à recueillir, ce qui ne veut pas dire être passif. Le psychotique a besoin que l’on s’intéresse à ce qu’il dit, c’est à dire qu’il a besoin d’un accusé de réception.</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>Le Dr Augustin Ménard poursuit avec la question du langage. Et nous raconte une expérience menée dans l’Égypte ancienne : le pharaon veut savoir quelle est la langue originelle chez l’être humain. Est-ce l’égyptien, l’assyrien, etc… ? Il confie un nourrisson à un chevrier muet et loin du monde pour être sûr que l&rsquo;enfant n&rsquo;aurait aucun contact avec le langage. Et il attend le premier mot. Ce sera « bèh bèh », le langage de la chèvre. Autrement dit, le langage n’est pas sécrété par le cerveau, il est extérieur. Il existe avant la naissance et l’enfant vient au monde dans un langage qui de suite l’habite. Il y aura un moment où l’enfant va habiter ce langage pour s’exprimer en tant que sujet. L’inconscient est ce qui nous parle avant que nous parlions. Avant de venir au monde, l’enfant est déjà nommé. D’où la formule : l’inconscient est le discours de l’Autre. Le psychotique a besoin que l’on reconnaisse qu’il peut habiter le langage, c’est l’accusé de réception.</p>



<p>&nbsp;</p>



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<p>Chez le psychotique, le discours de l’inconscient est à ciel ouvert. Le psychotique parle une langue qu’il n’entend pas. Il a besoin de quelqu’un qui l’entende mais ça ne suffit pas : pour que cela fasse lien social, il faut que le thérapeute amarre le discours de son patient. Ce n’est pas simple. Il est possible de parler très librement avec un psychotique à condition de rester dans sa logique. Mais il faut être très prudent, en particulier avec le paranoïaque, pour souligner les contradictions. On peut dire « j’ai du mal à comprendre : vous avez dit cela ? ». Il ne faut pas oublier que le savoir est toujours du côté du psychotique. Comme en règle générale en psychanalyse, il faut avoir présent à l’esprit que c’est toujours le sujet qui fait le travail. Nous avons toujours à encourager sa création. Il ne faut pas avoir peur, affirme le Dr Augustin Ménard, d’être mis en place de persécuteur ou d’objet érotomane par le paranoïaque. Si on ne peut pas y parer, il faut passer la main. L’accusé de réception permet au psychotique d’être reconnu en tant que sujet. C’est le ressenti, par exemple, des patients qui sont sur une liste d’attente en vue d’une présentation de malade.</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>Le psychotique, précise le Dr Augustin Ménard, sait ce que veut dire son discours. Il est dans le sens et le sait. Mais ce qu’il ne sait pas, c’est à quoi cela lui sert, comment faire avec, comment faire, par exemple, avec les bruits que lui envoie son persécuteur. Nous devons dire au psychotique que nous croyons à ce qu’il nous dit de son hallucination : ce qui nous importe, c’est sa vérité. Nous pouvons intervenir lorsqu’il est au bord du passage à l’acte : on peut lui dire « non » ou « pas encore ».</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>Le Dr Augustin Ménard, en réponse à une question, explicite la différence entre la psychanalyse et la thérapie d’inspiration psychanalytique que l’on peut mettre en jeu, par exemple, dans des ateliers consacrés à l’art où le psychotique peut s’exprimer avec un accusé de réception.</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>Une question porte sur la psychose maniaco-dépressive et la mélancolie. Comment les classer sur le plan structurel : dans le champ de la psychose ? Le Dr Augustin Ménard considère que l’on ne peut pas faire un diagnostic de structure sur des troubles de l’humeur. Le seul critère est : y a t-il forclusion du nom du père ? Si un maniaco-dépressif fait une cure analytique et n’a plus de troubles de l’humeur, c’est un névrosé. Il est très difficile de distinguer une production mélancolique chez l’hystérique, d’une mélancolie vraie. Un patient qui dit être mélancolique à cause de quelqu’un, n’est pas mélancolique, car le mélancolique localise sa jouissance en lui même, pas chez l’autre. C’est sur la manière dont le patient va subjectiver son histoire, que l’on peut dire qu’il s’agit d’une psychose ou d’une névrose.</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>« Nous avons des sujets, poursuit le Dr Augustin Ménard, qui déclenchent une psychose lorsque le nom du père est appelé à opérer, par exemple en cas de paternité. Dans d’autres cas, ainsi dans la psychose maniaco-dépressive, nous avons une forclusion d’avant la structuration paternelle, un gouffre dans l’imaginaire qui ne peut être symbolisé. » Le Dr Augustin Ménard parle alors d’une forclusion de la castration. Il considère de toute façon que nous sommes tous aux prises avec un réel que l’on ne peut pas symboliser. L’Œdipe est normalement une suppléance à ce trou structurel.</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>Une autre question sur les États limites et la théorisation de Bergeret, renvoie également à la question de la structure et du critère de la forclusion pour différencier la psychose de la névrose : il n’est pas possible de passer d’une structure à une autre. Par contre, l’appareillage de la psychose, ce qui fait suppléance, c’est à dire ce que crée le psychotique, peut donner le change par un état pseudo-névrotique.</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>La conférence/débat s’achève par quelques confidences du Dr Augustin Ménard, en premier lieu sur sa perception de l’avenir de la psychiatrie en France. Il se déclare optimiste car il a constaté que, y compris chez les jeunes psychiatres, une transmission s’effectue de génération en génération, indépendamment de la faculté. Cela va plus de soi chez les psychologues car la psychanalyse a plus de place en faculté des lettres qu’en faculté de médecine.</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>Il nous parle ensuite de sa propre expérience de psychiatre directeur de sa clinique qui recevait le tout venant à la manière de la psychiatrie de secteur (avec quelques restrictions) : « ma fonction était celle, avant tout médicale, de répondre à l’urgence avec les médicaments. L’orientation psychanalytique était posée dès le départ avec, pour le sujet qui arrive, un diagnostic de structure, y compris pour un patient agité nécessitant la contrainte. Il est important de dire au sujet pourquoi on le contraint. Il y a lieu d’introduire dès le départ, que le sujet ne guérira pas que par le médicament qui est pourtant nécessaire. La circulation de la parole avec le patient concerne tous les employés de la clinique jusqu’au jardinier et au cuisinier avec lesquels il peut se jouer des choses importantes. Il s’agit du discours ambiant dans l’établissement. Cela passe par des groupes de parole qui concernent tant les soignants que les non-soignants de la clinique, pour qu’une parole circule. » Le Dr Augustin Ménard précise que, contrairement aux idées reçues, il s’est senti plus libre auparavant à l’hôpital, qu’ensuite en clinique privée. Mais c’était à l’époque où les psychiatres publics avaient une réelle maîtrise de leurs services et de leurs équipes. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>Le Dr Augustin Ménard conclut sur le thème de sa conférence par ces mots : « La théorie, c’est transmettre quelque chose que l’on recueille chez les sujets. Hippocrate avait compris l’existence de l’inconscient mais ne l’avait jamais théorisée pour le soin. La psychanalyse ne détient pas la vérité mais elle a élaboré des réponses au réel, qui sont efficaces. J’ai une certitude, c’est que la psychanalyse agit sur ce qui est hors certitude chez le psychotique. »</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>Ce compte rendu a été validé par le conférencier.</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>Jean Paul Bossuat</p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>Le week-end des 25 et 26 février 2012 : visite de la troisième demeure de Freud à Londres avec Jane Mac Adam Freud</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Psycause]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Nov 2011 15:11:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Après la découverte à Pribor et à Vienne, des deux premières demeures de Sigmund Freud en mai dernier, Psy Cause [&#8230;]]]></description>
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</figure>



<p>Après la découverte à Pribor et à Vienne, des deux premières demeures de Sigmund Freud en mai dernier, Psy Cause propose la visite de la maison de Londres où résida l’inventeur de la psychanalyse de 1938 à 1939. Le visiteur y trouvera les meubles et objets dont une très belle collection d’antiquités, qui ont accompagné la vie de Freud, déménagés de l’appartement de Vienne peu après son départ en exil. Cette maison fut ensuite habitée par sa fille Anna jusqu’en 1982. Dans cet émouvant musée installé tel que Sigmund Freud y vécut, il est proposé entre autre un film regroupant des tournages amateurs de scènes de la vie privée du psychanalyste en Autriche et lors de son exil ainsi que l’enregistrement d’un discours de Sigmund Freud prononcé à Londres. (Photos de la maison de Londres de Sigmund Freud ci contre).</p>



<figure data-wp-context="{&quot;imageId&quot;:&quot;6a2474403ac6a&quot;}" data-wp-interactive="core/image" class="wp-block-image alignleft is-resized wp-lightbox-container"><img width="225" height="300" data-wp-class--hide="state.isContentHidden" data-wp-class--show="state.isContentVisible" data-wp-init="callbacks.setButtonStyles" data-wp-on-async--click="actions.showLightbox" data-wp-on-async--load="callbacks.setButtonStyles" data-wp-on-async-window--resize="callbacks.setButtonStyles"  alt="" class="wp-image-684" style="width:374px;height:auto"/ loading="lazy" decoding="async" src="http://www.psycause.info/wp-content/uploads/3-Maison-de-Freud-13_11_05-225x300.jpg"><button
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		</button></figure>



<p>Notre revue, en partenariat avec Morgan Tours et l’arrière petite fille de Sigmund Freud, Jane Mac Adam Freud, qui vous accompagnera dans ce lieu de souvenir, complète ainsi une trilogie commencée avec notre congrès dans la ville natale du fondateur de la psychanalyse.</p>



<p>Le prix est entre 500 et 675 € selon le lieu de départ (Paris ou Marseille). Pour l’inscription, contacter notre agence spécialiste des congrès et séminaires Morgan Tours par courriel à :</p>



<p>ancrages.clutz@gmail.com</p>



<p>Jean Paul Bossuat</p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://psycause.org/2011/11/26/le-week-end-des-25-et-26-fevrier/feed/</wfw:commentRss>
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			</item>
		<item>
		<title>Discours d’ouverture de Jane Mac Adam Freud au congrès Psy Cause de Pribor (mai 2011)</title>
		<link>https://psycause.org/2011/09/14/discours-douverture-de-jane-mac-adam-freud-au-congres-psy-cause-de-pribor-mai-2011/</link>
					<comments>https://psycause.org/2011/09/14/discours-douverture-de-jane-mac-adam-freud-au-congres-psy-cause-de-pribor-mai-2011/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Psycause]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Sep 2011 14:39:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Institutionnel]]></category>
		<category><![CDATA[Journal]]></category>
		<category><![CDATA[existence]]></category>
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		<category><![CDATA[sigmund freud]]></category>
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					<description><![CDATA[Tout d’abord, je voudrais adresser un remerciement spécial à la municipalité de Pribor, et aussi remercier Jean Paul Bossuat et [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure data-wp-context="{&quot;imageId&quot;:&quot;6a2474403dce5&quot;}" data-wp-interactive="core/image" class="wp-block-image alignleft is-resized wp-lightbox-container"><img data-wp-class--hide="state.isContentHidden" data-wp-class--show="state.isContentVisible" data-wp-init="callbacks.setButtonStyles" data-wp-on-async--click="actions.showLightbox" data-wp-on-async--load="callbacks.setButtonStyles" data-wp-on-async-window--resize="callbacks.setButtonStyles"  alt="" class="wp-image-642" style="width:750px;height:auto"/ loading="lazy" decoding="async" src="http://www.psycause.info/wp-content/uploads/Oeuvre-JMA-Freud-300x238.jpg"><button
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		</button></figure>



<p>Tout d’abord, je voudrais adresser un remerciement spécial à la municipalité de Pribor, et aussi remercier Jean Paul Bossuat et le comité d’organisation de PsyCause pour m’avoir invité à cet évènement.<br>
En rapport avec le thème de ce colloque, je voudrai parler de l’importance de Sigmund Freud dans le développement et la création de la psychanalyse, et de ma relation à Sigmund Freud, de son influence sur ma vie et ma carrière, de ce que Sigmund Freud représente pour moi.<br>
Sigmund Freud a consacré une grande partie de son existence à développer ses théories dans un corpus systématisé de connaissance. Il a considéré, utilisé et corrélé le savoir des anciens.<br>
Ce qui m’a intéressé, ce sont ses théorisations et ses pratiques, concernant le rêve comme symptôme névrotique et psychotique. Freud s’appuya sur sa propre expérience, percevant son inconscient à travers ses rêves, ce qui a fait qu’il a pu être dit que le plus créatif, et certainement mon favori de ses ouvrages, est l’interprétation des rêves.</p>



<p>Sans Sigmund Freud, sans la création et le développement de la psychanalyse, nous n’aurions ni les bases ni la suite pour appréhender ce cadre de pensée, humain et holistique, cette méthode d’investigation et de traitement de ce qui nous arrive lors des moments de souffrance avec ses conséquences.<br>
Sigmund Freud a appréhendé le corps comme lieu de manifestation de l’esprit. Il a utilisé une démarche aussi scientifique que possible concernant une approche de l’humain.<br>
Avec pragmatisme, il a beaucoup appris de ses patients. A la fois à travers leurs symptômes et aussi à travers leurs passages à l’acte, ce qui souvent, lui a permis d’aller de l’avant. La cure par la parole, qui rend la vie plus vivable pour beaucoup, reste autant en usage aujourd’hui qu’autrefois. Récemment, au Royaume Uni, les thérapies comportementales ont pris leur essor mais Sigmund Freud et la psychanalyse demeureront sans doute, aimés ou haïs mais jamais oubliés.<br>
Sigmund Freud et la psychanalyse sont inextricablement liés et sont intégrés dans notre culture. Les mots de Sigmund Freud font désormais partie de notre langage quotidien.</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>Bien sûr, je n’ai jamais rencontré mon arrière-grand-père, Sigmund Freud, puisqu’il est mort en 1939 et que je suis née en 1958. Sigmund Freud fut le grand père de mon père, le peintre Lucian Freud. Mon père le rencontra et bien qu’il pense qu’il ne fut pas influencé par Sigmund Freud, il maintient que ce que Sigmund Freud disait, lui a toujours semblé fait sens. Lucian est le second des trois fils d’Ernest Freud. Ernest, le plus jeune fils de Sigmund fut architecte. Il a eu une relation étroite avec Ernest et Lucie mes grands-parents paternels, et il a passé pas mal de temps en leur compagnie lorsqu’il était enfant. Je pense que je dois beaucoup à mon arrière-grand-père, le père de la psychanalyse. Autant que je m’en rappelle, il garde une influence culturelle avec nous tous et avec moi. Nous ressentons tous que nous connaissons Sigmund Freud à travers ses œuvres, et par le biais de son influence sur la culture occidentale.</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>Cependant, Sigmund Freud a nettement influencé ma vie et ma carrière, et cette influence se manifeste à travers notre amour mutuel de la sculpture, à travers sa collection de plus de 2000 objets de sculpture antique maintenant conservée au Musée Freud à Londres et à travers mon travail de sculpteur.<br>
J&rsquo;étais artiste en résidence au Musée Freud durant 20 mois en 2005-2006 et j’ai étudié les antiquités de Freud en les dessinant. La collection de Freud a inspiré les sculptures et les installations que j&rsquo;ai faites au cours de cette résidence.<br>
Ces installations ont été montrées dans mon exposition de fin de séjour Relations Relative, Freud Museum 2006. Depuis, Relations Relative a voyagé à l&rsquo;étranger, en totalité ou en partie. SF comme sujet spécifique, sa collection et ses théories ont influencé mon projet de sculpture. Freud collectionnait les sculptures, je crée des sculptures, ce jumelage apporte beaucoup de matériel à ma réflexion.</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>Lors de notre première visite à la maison natale de Freud, mon mari et moi sommes tombés amoureux de Pribor. Nous sommes initialement venus ici durant l&rsquo;été 2006, j’étais invitée par la ville de Pribor pour être la marraine du livre publié à l&rsquo;occasion de l&rsquo;anniversaire de la naissance de Sigmund Freud.<br>
La sérénité de cette belle ville et de ses gens nous a conquis et nous avons été conduits à acheter une propriété ici, que nous sommes en train de transformer en une maison et en un atelier où nous passerons du temps à apprendre la langue tchèque, à créer des œuvres d’art, à inviter nos amis.<br>
Nous sommes retournés dans la région à plusieurs reprises. En 2007, j&rsquo;ai exposé mes sculptures et mes dessins dans les belles pièces du Musée de Novojicinska, une ville voisine. Ce lieu, proche de la ville natale de Freud, entrait dans le cadre d&rsquo;un triptyque de sites symboliques pour mon exposition Relations Relative. Relations relatives fut tout d’abord montré sur le lieu de la mort de Freud &#8211; le Musée de Freud à Londres, puis s&rsquo;est déplacé au Musée de Harrow (la zone où je vie et travaille), puis au musée de Novojicinska en 2007.</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>Mon intérêt pour Sigmund a commencé lorsque, étudiante en art de 19 ans, j&rsquo;ai choisi la psychologie comme un sujet de mémoire. C&rsquo;est grâce au titre de l&rsquo;essai « A quoi pensait Freud quand il écrivait (littéralement) Où id était, ego doit être », que j&rsquo;ai commencé à lire Freud. Mon intérêt pour l&rsquo;inconscient et pour son rôle dans l&rsquo;art a commencé. Ce titre d&rsquo;essai et de la recherche qui s&rsquo;en suivit ont fait une impression durable sur moi. C&rsquo;était le début de mon itinéraire, faire de l&rsquo;art dans le contexte de la théorie psychanalytique.<br>
Au moment où que j&rsquo;ai fait ma maîtrise au Royal College of Art, je me suis orientée vers le processus décisionnel basé sur les travaux analytiques de la sculpture. Ce que Sigmund Freud est pour moi, l’est donc vu à travers mes yeux d’artiste. En fait, la psychanalyse freudienne a eu un impact omniprésent sur l’ensemble de la communauté artistique.<br>
Dans leur travail les surréalistes des années 1920 essayaient d’explorer l’empreinte de l&rsquo;inconscient. Aujourd&rsquo;hui, de nombreux artistes utilisent la médiation artistique dans la publicité en utilisant le pouvoir de l&rsquo;image : avec un diplôme d’école d’art on peut maintenant être employé en tant que directeur de création dans le champ de la publicité qui utilise tous les genres contemporains de performance, installation, concepts sonores et mixtes.<br>
Certains artistes conceptuels utilisent une autre facette de l&rsquo;analyse dans leur travail, le concept que tout est déterminé, le processus de création ne laissant rien au hasard, ce en quoi le processus se heurte à son inverse car, par définition, l&rsquo;inconscient se doit idéalement d’être complètement réprimée. L&rsquo;Art conceptuel est donc influencé par la psychanalyse et son inverse. Cette extrémité est un point de convergence !</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>L’art est pour moi une façon de se connecter à l&rsquo;inconscient. La signification de ces connexions est souvent découverte a posteriori. La psychanalyse, et tout autant l’art et la poésie, pourraient se concevoir comme une voie d’accès à l&rsquo;inconscient.</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>L&rsquo;avenir de la psychanalyse s’inscrit dans le domaine du maintien de la santé mentale et de la raison – dans sa définition la plus large.<br>
Dans un monde de science-fiction, celui des médicaments intelligents conçus pour améliorer la mémoire, de l’intelligence artificielle, des ordinateurs dépassant l&rsquo;intelligence humaine, de la cartographie du cerveau pour identifier comment nous traitons les processus culturels de narration, etc., la psychanalyse se verra toujours plus convoquée afin de nous permettre de faire avec le Moi dans un monde en constante évolution. La vérité de la psychanalyse pour le monde est peut-être sa profonde compréhension et acceptation de l&rsquo;individu comme un être en expérience.</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>L’art et la Science en sont maintenant à trouver un terrain d&rsquo;entente, ce qui suscite des questions à propos de faire et de penser, rationalité et irrationalité, conscient et inconscient. En réunissant ces éléments, nous pourrions trouver des intrications entre les procédés utilisés par les artistes et ceux utilisés par les psychanalystes. Je pense que les deux disciplines utilisent l’intervention analytique comme moyen d&rsquo;interprétation. Il se pourrait donc que psychanalystes et artistes se rejoignent à un certain niveau.<br>
La psychanalyse comme art, pour l&rsquo;art, avec l&rsquo;art ? Après tout, il se dit que seuls les psychanalystes comprennent la psychanalyse et que seuls les artistes comprennent l&rsquo;art, ce qui, dans les deux cas, est dû à leurs langues spécifiques et au caractère singulier de leur expérience. Cependant, la grande question est : psychanalystes et artistes peuvent-ils se comprendre ou s’inspirer l’un de l’autre. J&rsquo;espère que la réponse est oui, et que ce type de collaboration continuera.</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>Jane Mac Adam Freud</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>NB : l&rsquo;illustration a été choisie par la rédaction du blog.</p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>De la redisposition spatiale post-moderne, territoire des évolutions conceptuelles du psychisme à venir</title>
		<link>https://psycause.org/2011/09/10/de-la-redisposition-spatiale-post-moderne-territoire-des-evolutions-conceptuelles-du-psychisme-a-venir/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Psycause]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Sep 2011 14:42:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Journal]]></category>
		<category><![CDATA[artifice]]></category>
		<category><![CDATA[flammarion]]></category>
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					<description><![CDATA[La terre et les étoiles D. BOURGEOIS Colloque de Psy-Cause à Pribor- Mai 2011 Ce texte est issu d&#8217;une communication [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure data-wp-context="{&quot;imageId&quot;:&quot;6a24744041a1f&quot;}" data-wp-interactive="core/image" class="wp-block-image alignleft is-resized wp-lightbox-container"><img data-wp-class--hide="state.isContentHidden" data-wp-class--show="state.isContentVisible" data-wp-init="callbacks.setButtonStyles" data-wp-on-async--click="actions.showLightbox" data-wp-on-async--load="callbacks.setButtonStyles" data-wp-on-async-window--resize="callbacks.setButtonStyles"  alt="" class="wp-image-648" style="width:263px;height:auto"/ loading="lazy" decoding="async" src="http://www.psycause.info/wp-content/uploads/carré-225x300.jpg"><button
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		</button></figure>



<p>La terre et les étoiles<br>
D. BOURGEOIS</p>



<p>Colloque de Psy-Cause à Pribor- Mai 2011</p>



<p>Ce texte est issu d&rsquo;une communication faite au colloque de PsyCause à Pribor  » La pomme de Sigmund Freud ». Pribor, ex Freiberg, est la ville de naissance de S. Freud.</p>



<p>Freud que nous célébrons un peu ici a esquissé en son temps les bases d’une métapsychologie qui nourrit notre conceptualisation du fonctionnement psychique humain. Les modèles d’instances qu’il a fait émerger (1ere et 2° topique) fondent des territoires mentaux dont le jeu, la porosité des frontières et la potentialité scissionnelle (création d’une 4° instance, le réservoir narcissique comme réserve d’un carburant et d’un comburant de l’élan vital) enrichissent notre vision du monde.</p>



<p>L’écrivain Houellebecq a écrit La carte et le territoire (Flammarion 2010), il a même reçu le Goncourt pour ça cette année et Kafka, nous l’avons vu à Prague, à suscité cette colonie pénitentiaire (écrite en octobre 1914…Peu après août 14 donc…), métastase carcérale de nos fantasmes les plus crus. Notre vision du monde qui nous entoure influe sur notre être-au monde, sur notre idée du monde. Du schéma corporel au schéma du monde.</p>



<p>De la cartographie à la géo-histoire (histoire de la géographie, ce qui inclue deux dimensions, l’espace et le temps) à la topographie puis à la topologie, notre monde, pour faire système, doit être structuré. Les mathématiques ont dégagé trois structures-mères :</p>



<p>Les structures algébriques : le groupe et ses dérivés fondant l’espace vectoriel (à deux dimensions).</p>



<p>Les structures d’ordre (définissant les relations, donc les classifications) : Le réseau est une structure d’ordre.</p>



<p>Les structures topologiques, fondées sur la notion de voisinage, à prendre comme un artifice d’intelligibilité : continuité, discontinuité. LACAN a usé des structures topologiques pour étayer sa théorisation psychanalytique.</p>



<p>Freud, lui, a produit une théorisation de l’inconscient adaptée à son propre monde, à son système de valeur, la Vienne impériale, post-romantique où il vivait au début du XX° siècle, puis l’Allemagne des nazis, dévoreuse de territoires (Sudètes, Bohème et Moravie) et d’hommes, instauratrice des camps, ces lieux clos, déstructurante, déconstruisant tout sur son passage, l’Angleterre enfin comme île, refuge, sanctuaire où il laissa descendance.</p>



<p>Peut-on parler de territoire mental ? Exemple. Le contenu d’un livre est un peu l’expression du « territoire » mental de son auteur. Plus le livre est lu et compris, plus ce territoire est étendu. En ce sens, on peut dire que Freud a colonisé les esprits.</p>



<p>Nous allons ici esquisser une approche de la formidable redistribution structurelle en cours du territoire, lieu de l’humanité, laissant présager d’autres visions du monde. En un mot, de quel monde sommes-nous aujourd’hui ? Où se situe le décalage qui engendre le « malaise dans la civilisation » Et comment nous fait-il vivre notre humanité ?</p>



<p>Le monde actuel, celui que nous connaissons en tant qu&rsquo;Atlas géopolitique, est issu de la construction progressive des états au fils des siècles depuis le moyen-âge. Peu à peu émergea principalement en Europe puis se diffusa sur tous les continents la notion d&rsquo;état-Nation et ses avatars négatifs (les guerres territoriales, la colonisation, les fluctuations du puzzle des états et des peuples) et positifs: l&rsquo;idée de solidarité et de cohésion sociale à l&rsquo;intérieur d&rsquo;une nation qui suscita bien des progrès sociaux.</p>



<p>Cette construction géo-spatiale est restée inachevée à ce jour Elle reste un processus. Elle a signifié rupture avec d’autres systèmes de valeur qui perdurent du nomadisme des premiers chasseurs-cueilleurs (avant l’invention de l’agriculture) aux nomades actuels, grands exclus par définition: Roms, sdf, patients hors-secteur….</p>



<p>On aurait pu penser que l&rsquo;émergence de la Société Des Nations puis de l&rsquo;ONU après la seconde guerre mondiale permettrait le parachèvement de l&rsquo;œuvre, c&rsquo;est à dire l&rsquo;établissement d&rsquo;une carte du monde aux contours reconnus, consensuels et stables, premier pas vers une pacification relative de la terre et l&rsquo;utopie d&rsquo;un gouvernement mondial vertueux puisqu’une partie des guerres est un processus de conquête territoriale. Il n&rsquo;en n&rsquo;est rien.</p>



<p>La notion de cartographie génère des paradoxes interrogeant : Lors de la visite d’accréditation de la HAS (V10) dans mon établissement, l’hôpital a été en défaut : défaut de « cartographie des risques imprévisibles »… Ce pourrait être une nouvelle définition de la souffrance psychotique.</p>



<p>Gouvernement mondial vertueux, sociétés stables et finies (comme contraire d’infinies), le communisme comme stade ultime de l’organisation du monde selon l’utopie marxiste puis la fin de l’histoire en 1989 (F. Fukuyama -Le concept de fin de l’histoire avait d&rsquo;abord été élaboré par Hegel, repris plus tard par plusieurs philosophes, dont Alexandre Kojève mais critiqué par Karl Marx pour qui l&rsquo;humanité n&rsquo;était pas encore sortie de sa préhistoire. Pour Fukuyama, lors de l’effondrement du bloc communiste -1989- l’histoire devait vite s’achever par consensus universel sur la démocratie libérale mettant un point final aux conflits idéologiques.) Et de manière gigogne et concentrique, fractale pourrait-on dire maintenant avec Benoit Mandelbrot, mathématicien français mort à l’automne 2010, on pouvait concevoir un monde intérieur individuel apaisé à la fin de la psychanalyse…La sagesse individuelle, intrapsychique, comme métaphore à échelle 1/1000000° de l’apaisement de l’histoire. La mort quoi !! Le cimetière comme métaphore du monde mineralisé.</p>



<p>Nous vivons la fin des territoires que nous avons connus. Les guerres territoriales, ethniques et post-coloniales continuent à ravager certaines zones mais deviennent des archaïsmes, ce qui ne veut pas dire que des solutions soient faciles à trouver.</p>



<p>=Les derniers soubresauts du processus de mise en place des états nationaux en Europe furent l&rsquo;éclatement de l&rsquo;ex-URSS et la tragédie yougoslave à travers le morcellement convulsif d&rsquo;entités récentes au regard de l&rsquo;histoire en de multiples états rivaux au sens propre Tchéquie/Slovaquie. Quelques fragmentations et recompositions restent à prévoir mais cela est désormais marginal et anecdotique.</p>



<p>=En Afrique surtout, et au Proche-Orient certains conflits territoriaux pourrissent la situation internationale. Dans la région des lacs et l&rsquo;ex-Congo belge, dans la poudrière palestino-israélienne dans la mesure où des conflits religieux se superposent (et les enveniment) aux conflits territoriaux et économiques plus classiques. Mais la notion de confrontation civilisationnelle ou religieuse n’est au fond qu’une déclinaison ou une coloration des conflits territoriaux. Le conflit irakien et le conflit afghan restent des conflits classiques, témoins de luttes d&rsquo;influences économique et politique des grands états. Dans ce qui est un véritable laboratoire géopolitique, l&rsquo;évolution de la situation sur le terrain laisse entrevoir ce que pourrait devenir la territorialité du monde à venir.</p>



<p>-Une exception notable. Pour son guide, Mouammar Khadafi, la Lybie n’a jamais été un état. Il avait d’ailleurs en vain lancé des projets d’alliances qui ont inquiété tour à tour divers voisins et partenaires plus ou moins consentants De la fusion dysthymique comme psychose politique ; Unions Lybie-Egypte, Lybie-Tunisie, Lybie-Syrie… en parallèle, il maintenait un conglomérat tribal.</p>



<p>=L&rsquo;Union européenne pouvait apparaître comme un avatar de la construction historique des états-nations. Cette construction est le fruit du siècle des lumières. A cette époque, une frénésie de classification (Linné) de clarification, s’est emparée des esprits. C’est Diderot qui formalisa l’Oural comme frontière Est de l’Europe. Paradoxalement, cet Encyclopédisme a mis des frontières visibles (entrainant la notion de passeport)…mettant à mal la notion d’Œkoumène (cf. œcuménisme), tout en favorisant les échanges intellectuels. Europe sans frontière interne, c&rsquo;est comme ça qu&rsquo;elle a été «vendue» aux peuples par ses promoteurs et c&rsquo;est comme ça qu&rsquo;a globalement été obtenue une adhésion populaire au projet. Certains de ses succès indéniables (libre circulation des hommes, projet Erasmus etc.) masquent ses grands échecs structurels: Impuissance devant la corruption politico-financière internationale et la dictature des marchés financiers, délocalisations forcenée des usines à l&rsquo;intérieur de l&rsquo;espace européen, absence d&rsquo;audibilité diplomatique). Il a été voulu que l’Union européenne soit uniquement un territoire de libre circulation des capitaux. Dans l&rsquo;esprit de ses concepteurs et de ceux qui la mettent en œuvre, elle n&rsquo;a jamais été une Europe Sociale ce qui augure mal de l’évolution collective de ce qui reste un conglomérat. Le projet en vigueur n&rsquo;est pas de construire un nouvel Etat-Nations plus vaste en dépit des artifices émis qui renvoient directement aux prérogatives les plus visibles des états souverains: monnaie unique, drapeau et hymne, passeport. L&rsquo;Europe en construction n&rsquo;est pas analogue à la France en construction au XIX° siècle par l&rsquo;intégration progressive de territoires et de peuples (basque, bretons, provençaux, corses etc.) avec le projet d&rsquo;un ensemble homogène, républicain, laïque et solidaire par ailleurs. Cette Europe ne pourra jamais être cartographiée car elle relève d’une structure topologique avec des attracteurs en tant que moments dynamiques éventuellement conflictuels que l’on ne peut qu’invoquer, comme les organisateurs de SPITZ, les fantasmes ou le complexe d’œdipe, organisateur clef de l’évolution libidinale. Les systémiciens parleraient d’une structure dissipative. (Fluctuation géante stabilisée par les échanges I. PRIGOGINE).</p>



<p>Cette structuration en Etats-Nations comme processus a ses limites historiques, géographiques, idéologiques et éthiques mais elle avait le mérite d&rsquo;offrir une grille de lecture claire pour de nombreux problèmes. Elle dessinait l&rsquo;espace des luttes. Elle se désagrège aujourd&rsquo;hui à grande vitesse.</p>



<p>On assiste actuellement à un processus de déconstruction territoriale. Celui-ci se joue à tous les niveaux, de manière fractale et concordante.</p>



<p>-A l&rsquo;intérieur de la cité. Le phénomène de ghettoïsation excluait autrefois les plus pauvres (banlieues au sens étymologique), il concerne maintenant aussi les riches. Zones abandonnées, zones de non-droit devenues lieux de tous les trafics co-existent avec des zones hyperprotégées, ultrasécurisées. Il est des zones ou on ne va plus par peur et où l&rsquo;on vit par obligation, des zones de relégation, des zones dont l&rsquo;état se retire et il est aussi des zones ou on nul peut pénétrer s&rsquo;il n&rsquo;est pas dument autorisé. Ce sont aussi des zones ou l&rsquo;état ne va plus non plus, la sécurité pouvant y compris y être assurée par des vigiles privé. Ce phénomène n&rsquo;est pas nouveau. Certains pays comme le Brésil l&rsquo;expérimentent depuis des décennies. Dans ce pays, les riches vivent entre eux dans des zones sécurisées qu&rsquo;ils ne quittent que brièvement traversant les quartiers sensibles dans des voitures si possible blindées et aux heures du jour. A Rio, il est interdit de s&rsquo;arrêter aux feux rouges après 22h. Ce serait être une cible trop facile pour les détrousseurs!</p>



<p>En parallèle, l&rsquo;état ne fait plus que de rares incursions armées (gesticulations cosmétiques) périodiques dans les favelas voisines. L&rsquo;économie comme la culture de ces zones est contrôlée par les bandes. La loi n&rsquo;y est pas appliquée et nul ne s&rsquo;en soucie. Ces deux mondent coexistent et n&rsquo;ont plus en commun que l&rsquo;amour du football! Ils ne sont donc pas totalement étanches encore, mais les riches n&rsquo;ont plus vraiment à se soucier du maintien de l&rsquo;ordre républicain dans la majeure partie du pays. Écoles, hôpitaux vont à vau-l’eau. Ce n&rsquo;est pas grave, ils ne les fréquenteront jamais. Les zones abandonnées servent de réservoir de main d&rsquo;œuvre, de supplétifs (c&rsquo;est là qu&rsquo;on recrute les vigiles), de femmes. L&rsquo;avenir promis à la France est-il le Brésil?</p>



<p>-A l&rsquo;échelle mondiale: Il est désormais des zones interdites. Dans les années soixante-huit, les routards pouvaient aller de Paris à New-Dehli en Deux Chevaux (image d&rsquo;Epinal certes) sans danger majeur, traversant des zones qui sont aujourd&rsquo;hui devenues des zones interdites; kurdistan, Iran, Irak Afghanistan, Pakistan&#8230;) Qui a désormais envie d&rsquo;aller passer ses vacances à Mossoul? L&rsquo;ONU n&rsquo;a pas les moyens de faire régner l&rsquo;ordre dans ces régions, pas le besoin non plus puisque ces zones sont à l’écart des grands circuits économiques. Une économie locale y existe pourtant, celle de l’opium mais elle reste incontrôlée, comme un fantasme sournois.</p>



<p>-Le prototype de la Zone interdite, c’est la Zone d’exclusion autour d’une catastrophe nucléaire ; Tchernobyl, Fukushima…La prochaine. Zone de mort, nouvelles limbes, terra incognita, zone maudite à l’échelle géologique intemporelle, zone invisible, indicible. Pour décrire notre rapport à ces zones, on peut emprunter le vocabulaire de l’astrophysique (le trou noir), de la physiologie (le point aveugle de la rétine) ou la métaphore analytique :le non-dit.</p>



<p>-Mais en parallèle, la circulation des peuples est devenue plus facile. Grâce au développement des moyens de communication et surtout parce que les frontières des états nations sont devenues poreuses. La misère du monde converge donc depuis des décennies vers l&rsquo;Eldorado supposé que constituent les pays où existent encore globalement certains acquis sociaux, grâce aux luttes de leurs peuples. Cet afflux non maitrisé, toléré de façon différentielle selon les cultures sous-jacentes déstabilise le fragile équilibre social et attise les antagonismes entre les peuples «natifs» et les nouveaux arrivants. L&rsquo;édification compulsive de murs (à la frontière entre le Mexique et les USA, entre Israël et Palestine) est un phénomène caractéristique de notre époque. De façon fractale, des murs invisibles ou visibles quadrillent à nouveau le territoire collectif :</p>



<p>-Il y a quelques années un mur avait été construit en Tchéquie.</p>



<p>-On rebâtit des murs aux asiles psychiatriques pour les rendre étanches. Dans les deux sens.</p>



<p>Un communautarisme polymorphe s’instaure, sur des bases ethniques ou religieuses le plus souvent, mais surtout sur des bases économiques.</p>



<p>Pourtant, les politiques xénophobes inapplicables brandies médiatiquement par chaque gouvernement n&rsquo;y peuvent rien, un formidable brassage sud-nord de population est en cours. C&rsquo;est le Gulf Stream des peuples. La population mondiale dans cent ans sera sans doute métissée et c&rsquo;est tant mieux.</p>



<p>Le risque est que à ce moment, l&rsquo;on ne soit plus dans un ensemble homogène, un gigantesque espace mondial doté de règles, au sein duquel pourrait se rejouer à une échelle formidable la lutte des classes, ce qui reviendrait à mettre en acte une révolution mondiale par un peuple mondial désireux d&rsquo;infléchir l&rsquo;histoire. Le printemps arabe de 2011 l’illustre. Deux réflexions : Le rôle des réseaux sociaux qui transcendent le territoire : Du territoire virtuel à la révolution sociale.</p>



<p>-La valse des drapeaux, leur volatilité : drapeau blanc des rois de France, drapeau confédéré du Dixieland, drapeau orné de la faucille et du marteau… Blasons de nostalgie, territoires mentaux du passé.</p>



<p>Divers processus convergent pour faire émerger un archipel de territoires protégés représentant sans doute moins de 5% du territoire habité et des populations du globe perdu dans une mer incontrôlable au sein de laquelle s&rsquo;agiterait en un magma convulsif sans perspective les «damnés de la terre».</p>



<p>L&rsquo;Irak post intervention américaine verra la coexistence de zones vertes ultra sécurisées dans lesquelles vivront les employés des compagnies pétrolières, un contingent militaire du corps expéditionnaire résiduel, la police locale et ses familles et de territoires ouverts aux luttes les plus sanglantes établies sur des bases confessionnelles ou pas. Qu&rsquo;importe que des attentats ensanglantent les 80% du pays si les zones pétrolières sont protégées pour le plus grand bien des compagnies pétrolières et de leurs actionnaires.</p>



<p>La solidarité et la proximité des puissants ne sont plus à démontrer. Le désordre introduit par la fin des états nationaux servira toujours à attiser les haines entre les peuples (diviser pour régner) tandis que les « grands » se côtoieront sans difficultés, exerçant néanmoins une lutte économique mais avec des règles et dans des sphères insoupçonnées. Un riche émir saoudien, quoique arabe, sera accepté et courtisé partout en France car il est riche et puissant. Un immigré maghrébin vivant en France sera rejeté car il est pauvre. Oussama Ben Laden lui-même n&rsquo;est-il pas le rejeton (perdu!) d&rsquo;une richissime famille yéménite dont la plus grande partie est l&rsquo;alliée fidèle des compagnies pétrolières américaines.</p>



<p>On s&rsquo;aperçoit aujourd&rsquo;hui que l&rsquo;internationale la plus active n&rsquo;est pas celle des prolétaires, c&rsquo;est celle des riches qui ont à leur disposition les moyens de communication les plus sophistiqués et ont un projet commun de domination économique. Cela se traduit au niveau géopolitique par une formidable régression spatiale, la constitution à l&rsquo;échelle mondiale d&rsquo;une nouvelle distribution territoriale qui présente des analogies tragiques avec le modèle en vigueurs au moyen âge européen: des places fortes dispersés pour héberger l&rsquo;aristocratie mondiale (les donjons), les campagnes (ou ce qu&rsquo;il en reste) abandonnées au peuple des nouveaux gueux et des coupe-jarrets, le lumpen proletariat selon Marx.</p>



<p>Cette évolution territoriale n&rsquo;est que le reflet des meurs socio-économiques dominants. Le concept d&rsquo;état-Nation permit une évolution sociologique importante qui culmina au XX° siècle. Il est en perte de vitesse car il ne sert plus aussi bien les intérêts immédiats des accumulateurs de capital. Cette évolution nous semble importante à repérer. Elle n&rsquo;est pas inéluctable.</p>



<p>Il y a 20 ans, les lieux emblématiques étaient les musées : la richesse (historique, artistique…) d’un pays pouvait s’exposer. En 2003, à Bagdad, on a pillé le musée archéologique, moins protégé que le ministère du pétrole. Cet évènement est l’un des évènements fondateur de ce début de millénaire. Il n’y a plus de sanctuaire symbolique, il n’y a plus que des donjons. Il n’y a plus de symbolique, il n’y a plus que la force et l’argent. Ceci augure-t-il un nouveau sombre moyen-âge ?</p>



<p>Nous, et plus probablement nos descendants, allons devoir vivre dans un monde dont la territorialisation et les logiques intimes n’auront plus rien à voir avec ce que nous avons connu. Comme un dément plongé dans une DTS anxiogène, n’a à l’esprit que les bribes télescopées de ses certitudes régressives nous devons débusquer le nouveau sanctuaire psychique de nos patients, son narcissisme ? Et le nôtre.</p>



<p>La régression au sens psycho-dynamique ne peut pas ne pas s’accompagner d’une modification en profondeur des rapports humains et d’une redistribution de notre rapport à nous-même, de nos ressors intimes. Il y avait la carte, le territoire, et le lecteur de la carte, il y a aussi le GPS…Mais le nomade, comme le pèlerin n’a jamais eu besoin de carte. Il était guidé par les Etoiles et transportait le monde dans sa tête.</p>



<p>Il y a peu, au sens politique (notre place dans la cité), nous avions une adresse (ad dirito) localisée en coordonnées topographique. Maintenant, nomades, notre adresse est un numéro, une adresse email, le tout utilise un canal. Ce sont les mêmes quel que soit notre position sur le globe. D’ailleurs le législateur ne s’y trompe pas lorsqu’il se propose de supprimer une adresse IP comme peine pour les contrevenants à la loi Hadopi. Notre conscience de soi va en être profondément modifiée.</p>



<p>Et du point de vue des associations, comment ne pas relever que le mot adresse renvoie aussi à l’habilité. La réhabilitation sociale, c’est aussi l’un des buts de la psychothérapie.</p>



<p>Régression historique rapide, drastique certes, du point de vue des mentalités et de leur mise en acte politique le XXI° siècle ressemble déjà plus au XVIII° siècle qu’au XIX° (conservatisme, religiosité, naissance de nouvelles dynasties régnantes en Afrique, mais pas seulement : le fils de…) et là encore, de façon fractale, replis sur l’individualisme, l’égoïsme, une a-maturité affective triomphante. Quel sera le moteur narcissique des générations à venir ? Quelle clinique de la souffrance humaine, et de la demande, émergera ? Quelles réponses seront à produire ou à refuser? La créativité des thérapeutes, comme des politiques va être soumise à rude épreuve.</p>



<p>Alors que nous sommes au pays ou l’inconscient est né, j’ai été bien terre à terre, sans doute, défense névrotique sans doute que de juste soulever ces dessous des cartes…ces jeux (Je) de cartes.</p>



<p></p>
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